Suivi de la sécurisation des passages piétons à Paris
D’ici le 31 décembre 2026, plus aucune place de stationnement ne doit se trouver dans les 5 m avant un passage piéton. Nous vérifions où en est Paris, passage par passage.
Comment fonctionne l’observatoire
Ce que dit la loi
La loi d’orientation des mobilités de 2019 (article L118-5-1 du code de la voirie routière) interdit tout emplacement de stationnement sur la chaussée dans les 5 mètres en amont des passages piétons, sauf pour les vélos et engins de déplacement personnel. Le but est que piétons et conducteurs se voient mutuellement. Toutes les communes doivent s’être mises en conformité au plus tard le 31 décembre 2026.
Trois niveaux, d’après les prescriptions du Cerema
Rue à double sens, ou à sens unique avec double-sens cyclable Places interdites en diagonale de part et d’autre du passageRue à sens unique sans double-sens cyclable Places interdites des deux côtés, là d’où arrivent les voitures
Zone obligatoire (loi) : une place ici = non conformeZone recommandée en plus (Cerema) : une place ici = conforme à l’obligation seulement
Schéma d’après le Cerema, « Neutralisation des places de stationnement à l’amont des passages piétons » (2021).
Non conforme : au moins une place se trouve dans une zone rouge, c’est-à-dire dans les 5 m en amont du passage, du côté d’où arrivent les véhicules (vélos compris). Une place sur le passage lui-même compte aussi.
Conforme à l’obligation réglementaire : aucune place en zone rouge, mais au moins une en zone orange.
Conforme à la recommandation complète : zones rouges et orange dégagées. Le Cerema recommande même 5 à 10 m.
Comment c’est mesuré
Pour chaque passage piéton du plan de voirie de la Ville, on trace une zone qui prolonge le passage de chaque côté, le long de la rue, sur 4 m au lieu des 5 m de la loi : cette marge évite de déclarer non conforme un passage à cause d’une place légèrement mal positionnée dans les données. Elle déborde aussi de 2,5 m au-delà de ses extrémités, pour couvrir les places le long du trottoir et en encoche (« lincoln »). Cette zone est coupée en quatre quarts, deux amont et deux aval.
Une place compte si elle empiète d’au moins 0,5 m² sur la zone. Ce seuil absorbe les petites imprécisions de relevé.
Aux carrefours, les places de la rue transversale ne sont pas comptées : une bande de stationnement perpendiculaire à la rue traversée par le passage appartient à l’autre rue, et n’est pas « en amont » au sens de la loi.
Les places vélos et trottinettes sont autorisées. Les emplacements sur le trottoir ou sur un terre-plein, et les stations Trilib’, ne sont pas comptés : la loi vise la chaussée.
Le sens de circulation vient d’OpenStreetMap, la base dont la Ville tire elle-même ses données d’aménagements cyclables. Une rue à sens unique est considérée comme équipée d’un double-sens cyclable seulement si OpenStreetMap l’indique (contresens cyclable, bande ou piste à contresens). Les autres rues à sens unique, y compris à 30 km/h, sont traitées comme des sens uniques stricts.
L’axe de la rue est déduit de la forme du passage, plus long dans le sens de la traversée. Pour les passages presque carrés, on le déduit des places de stationnement longitudinales voisines. Quand ce n’est pas possible (environ 5 % des passages), on contrôle un cercle de 4 m et toute place trouvée est comptée côté amont.
Les zones contrôlées autour de chaque passage (rue à double sens)
1Place à 3 m du passage, côté amont : elle empiète d’environ 1,8 m² sur la zone rouge. Le passage est non conforme.
2Place qui effleure la zone (0,3 m², sous le seuil de 0,5 m²) : elle est ignorée, l’écart pouvant venir d’une imprécision du relevé.
3Place en encoche dans le trottoir, côté aval : le débord de 2,5 m permet de la détecter. Seule, elle rendrait le passage conforme à l’obligation seulement (orange).
Zones de 4 m au lieu des 5 m de la loi, pour absorber les imprécisions des données. Sur une rue à sens unique sans double-sens cyclable, les deux quarts situés du côté d’où arrivent les voitures sont « amont ».
Publics sensibles
Pour aider à prioriser, la carte peut afficher les lieux qui accueillent les publics les plus exposés au risque de collision : écoles maternelles et élémentaires, collèges, crèches, parcs, squares et jardins publics, gymnases et piscines, bibliothèques, EHPAD et résidences seniors, centres Paris Anim’ et lieux jeunesse. Ils viennent d’OpenStreetMap ; les lieux privés, les lycées et l’enseignement supérieur sont écartés. Les parcs, squares et jardins publics sont représentés par leur contour (les formes qui se chevauchent, comme un jardin dans un parc, sont fusionnées) ; les autres lieux par un point. Chaque lieu est entouré d’un halo de 100 m, qui suit le contour des espaces verts, plus foncé là où plusieurs halos se superposent. Un passage est « proche d’un lieu sensible » s’il se trouve à moins de 100 m du point ou du contour du lieu.
Constats de terrain
Les données de stationnement de la Ville ne sont pas toujours à jour : une place supprimée sur le terrain peut encore y figurer, et une place créée récemment peut y manquer. Chacun peut signaler, depuis la fiche d’un passage, un statut qui ne correspond pas à la réalité (« Le statut du passage ne correspond pas au terrain ? »). Après vérification par le collectif (photo, date du constat), le passage prend la couleur constatée, en version claire et cerclée :
Vert clair cerclé : constaté conforme à la recommandation, 5 m dégagés des deux côtés ;
Orange clair cerclé : constaté conforme à la loi seulement, aucune place côté amont mais au moins une côté aval ;
Rouge clair cerclé : constaté non conforme, au moins une place dans les 5 m côté amont.
Ces passages sont comptés dans la catégorie constatée, avec les autres passages de la même couleur.
Les constats sont conservés à part et rattachés au passage par sa position. Ils ne sont donc pas perdus quand les données de la Ville sont mises à jour.
Si une mise à jour des données de la Ville rejoint le constat, le passage reprend sa couleur normale et le constat est simplement confirmé.
Si la Ville publie un relevé plus récent que le constat qui le contredit, le relevé l’emporte et le constat est signalé « à revérifier ».
Un passage qui figure dans le plan de voirie mais n’existe pas, ou plus, sur le terrain peut aussi être signalé depuis sa fiche (« Ce passage n’existe pas ? »). Une fois le constat validé, il est retiré des chiffres de l’observatoire et reste sur la carte sous forme d’un point blanc, pour garder la trace du signalement.
Le résultat reflète les données publiées par la Ville. Une place supprimée sur le terrain mais pas encore dans les données apparaît encore comme non conforme ; la date du relevé figure dans la fiche de chaque passage.
Certains grands passages ou carrefours sont découpés en plusieurs morceaux dans le plan de voirie, et chaque morceau est compté comme un passage.
Le stationnement illicite (voitures garées hors emplacement) n’est pas mesuré : seuls les emplacements aménagés sont concernés par la loi.
Vous constatez une erreur ? Signalez-la-nous en cliquant sur le passage piéton concerné.
Cet observatoire est réalisé bénévolement par le Collectif Paris Piétons. En adhérant, vous nous aidez à faire respecter la loi devant chaque passage piéton et à défendre une marche sûre et agréable à Paris.
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